Viens Seigneur Jésus !

0*ms3YgMBAM7xj5S3J.Homélie du 1er dimanche de l’Avent

Restez éveillés

Dieu donne abondamment à tous mais ne sont comblés que ceux qui ont désiré. Pour que le Seigneur vienne à nous, il est nécessaire qu’une place lui soit préparée. Dans des moments de générosité particulière, nous avons voulu donner quelque chose qui ne fut pas reçu : nous avons offert un cadeau et l’avons vu délaissé, nous avons parlé du fond du cœur et l’indifférence nous a répondu, nous avons été présent à l’autre et avons souffert d’autant plus douloureusement de son absence apparente. Notre cadeau, notre parole, notre présence n’étaient pas désirées et ils ont été livrés en pure perte. Multiplier nos présents n’est dans ce cas d’aucune utilité, on ne peut abreuver celui qui n’a pas soif. C’est pourquoi, aussi grands que soient les dons de Dieu, si nous ne les désirons pas, nous les recevrons sans en être comblés.

Or, le don par excellence que Dieu nous fait, c’est lui-même qui vient à nous en Jésus. Il vient trois fois : dans la chair à Bethléem, dans nos cœurs aujourd’hui, dans la gloire au dernier jour. Donc au jour de Noël, au soir de notre vie et aujourd’hui même, Jésus vient, cela est certain ; mais passera-t-il près de nous sans pouvoir entrer en nos êtres asséchés ou viendra-t-il abreuver nos cœurs assoiffés ? Autrement dit, le désirerons-nous suffisamment pour le recevoir ? Et comment désirerions-nous assez celui qui est l’éternel, le créateur, le Dieu Tout-Puissant, nous qui sommes mortels, créatures et si faibles ?

La clef est dans la prière. Contrairement à bien d’autres activités qui détruisent notre soif des biens véritables tout en nous laissant vides, la prière nous affame : elle commence par creuser notre désir. Parce que nous chercherons à y trouver quelques secondes d’attention à Dieu, les désirs les plus superficiels viendront d’abord nous y assaillir : nos préoccupations du jour, nos divertissements, nos occupations habituelles. Nous laisserons un instant de côté ces choses dont nos journées sont remplies pour nous avancer plus loin et chercher ce que nous désirons vraiment.

Il y aura là, au cœur de nous-mêmes, les blessures les plus profondes et les aspirations les plus hautes, c’est que nous approcherons de la présence divine qui se tient cachée en chacun de nous. Ces rêves et ces souffrances que le Seigneur nous révèle alors que nous nous tournons vers lui, nous les lui abandonnerons, nous chercherons à lui ouvrir notre être tout entier, nous laisserons le temps creuser en nous le désir de sa venue. Nous accepterons d’avoir faim, mieux même : nous demanderons d’avoir faim et soif de lui ; nous ne tenterons pas d’étancher cette soif, nous la laisserons béante, ouverte. Bien souvent, nous désirons sa présence et, pour l’accueillir, nous n’avons rien d’autre à offrir que notre attente, nous restons là, dans la prière, sans rien faire, sans rien dire. Nous sommes offerts et cette offrande ouvre en notre âme une place pour le Seigneur tandis que nous crions : « Maranatha, viens Seigneur Jésus ! ». Amen.