Hymne à la joie

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! (Is 35, 1) Ce troisième dimanche de l’Avent est celui de la joie, autrement dit, il est celui du bonheur que l’on reçoit. La joie ne se construit pas, elle ne se décide pas, on peut s’y refuser ou s’y exposer comme on se cache ou s’offre aux rayons du soleil lorsqu’ils percent les nuages un jour d’hiver. On peut la désirer et s’y préparer mais on la reçoit toujours comme un don.

On ne la trouve pas lorsqu’on a trop voulu en être le maître : plaisirs sans joie parce qu’on n’a pas su les partager, fêtes trop formelles que la joie fuit, festins qui remplissent le ventre mais négligent le coeur.  En revanche, elle nous surprend parfois là où on ne l’attendait pas : repas où tout manque sauf la bonté des convives, amitié inattendue au milieu d’une épreuve, présence divine qui vient abreuver notre cœur dans un moment de désert.

Cette joie à laquelle la liturgie de ce dimanche nous invite à nous abandonner nous prépare à accueillir le Seigneur qui vient. De même que nous ne pouvons inventer la joie, de même nous ne pouvons organiser la venue du Seigneur. Nous sommes uniquement en mesure de nous y disposer, d’ouvrir nos vies à son approche pour espérer nous offrir à lui au jour de son retour. La joie est donc à la fois signe de la présence de Dieu et préparation à son avènement plus plénier. En cet Avent, demandons-au Seigneur de nous emplir de joie et si elle nous échappe, osons demander un don plus grand encore : savoir la trouver dans la joie des autres.